28 septembre 2001 – Mort d’un journaliste, Martin O’Hagan

Martin O’Hagan

Il y a cinq ans, Martin O’Hagan, journaliste réputé pour la qualité et la rigueur de ses enquêtes, était assassiné par les paramilitaires loyalistes, au terme d’un mois de violences orchestrées par cette partie des Protestants du nord de l’Irlande qui refuse la paix et le partage du pouvoir avec la communauté dite ennemie. Cette exécution d’un journaliste fut la première, et pour l’instant la seule, fort heureusement. Depuis, ce meurtre a rejoint le rang des assassinats non résolus, comme ceux des avocats Pat Finucane à la fin des années 1980 et Rosemary Nelson plus récemment. Le peu d’empressement de la justice britannique à trouver les coupables de l’élimination de figures de l’état de droit renforce les hypothèses de collusion des autorités Londres avec les terroristes qui défendent le rattachement des six comtés à la couronne.

Pendant ce temps, s’ouvre le procès très médiatisé d’un homme suspecté d’être impliqué dans le massacre d’Omagh. Encore une fois, nous retrouvons la politique du deux poids, deux mesures. Martin O’Hagan, ancien activiste républicain dont la faute fut d’enquêter sur les dérives mafieuses des paramilitaires de tous bords (aussi bien loyalistes que républicains, donc), est oublié, sauf de ses amis et de Reporters Sans Frontières qui le mentionne obstinément dans ses rapports annuels. Omagh est présenté aujourd’hui par Le Monde comme le pire attentat des troubles, omettant ainsi le massacre oublié, probablement parce qu’on ne peut lui accoler la marque IRA, Real IRA en ce qui concerne Omagh, dont la notoriété sied aux journalistes paresseux. Les zones d’ombre d’Omagh, notamment la présence d’une taupe du MI5 dans le groupouscule dissident de l’IRA qui ne fit rien pour empêcher l’attentat dévastateur, ainsi que les suspectes tergiversations de la police à prendre en compte des appels de menace, restent ignorées. Et bien peu pensent aujourd’hui à Martin O’Hagan, pas même son confrère du Monde, qui, avant d’être basé à Londres avait tout de même rédigé un bref article à son décès, probablement pompée sur une dépêche AFP ou Reuters. Mais peut-on parler de confrères, tant leurs déontologies respectives divergent !

Pour en savoir plus, voici les hommages de la National Union of Journalists, de ses amis (site parfois indisponible), ainsi que la nécrologie du Guardian.

~ par parisbhoy le 28 septembre 2006.

Une Réponse to “28 septembre 2001 – Mort d’un journaliste, Martin O’Hagan”

  1. [...] loyalistes, chose à ne pas prendre à la légère comme l’a montré l’assassinat de Martin O’Hagan en 2001. Ajoutez à cela des difficultés financières rendues d’autant plus criantes que les [...]

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