Les six de Birmingham enfin libres (14 mars 1991)
L’histoire des Birmingham Six commence en novembre 1974, lorsque l’un des plus horribles attentats liés au conflit dans le Nord de l’Irlande frappe la ville anglaise des West Midlands. Vingt-et-une innocentes victimes allaient périr sous l’effet de bombes placées dans deux pubs, le Mulberry Bush et le Tavern in the Town. L’Armée Républicaine Irlandaise provisoire (IRA) ne devait jamais revendiquer l’attentat, dont les coupables ne sont pas retrouvés à ce jour. Dans le cas d’autres célèbres méprises qui suivirent, celles des Maguire Seven et des Guildford Four, un commando de l’IRA opérant en Angleterre, le Balcombe Street gang, allait en effet revendiquer la responsabilité attribuée à tort à des innocents.
Quel rapport peut-il bien lier Robert Hunter, Patrick Hill, Noel McIlkenny, William Power, John Walker et Hugh Callaghan à cet épisode macabre de la campagne d’attentats de l’IRA en Angleterre, sur le territoire de l’ennemi ?
Peu après le carnage, les cinq derniers, s’apprêtant à se rendre à Dublin, furent arrêtés en compagnie du sixième. L’objectif du voyage en Irlande était d’assister à l’enterrement de James McDade, un volontaire républicain qui avait explosé avec la bombe qu’il plaçait quelque part dans Coventry. La plupart de ces hommes étaient originaires de Belfast et connaissaient le défunt plus ou moins bien. Ils se trouvèrent au mauvais endroit au mauvais moment. L’hystérie anti-irlandaise suscitée par les actions de l’IRA sur le sol anglais était alors à son comble, et six hommes au lien ténu avec un membre de l’organisation paramilitaire faisaient forcément des coupables idéaux, que les autorités pouvaient ainsi jeter à bon compte en pâture à une opinion publique traumatisée par une horreur qui la frappait directement, alors qu’elle était restée largement insensible et aveugle à celle qu’infligeait son propre gouvernement et son armée au nord de l’île voisine.
En 1975, le seul soupçon de preuve apporté par l’accusation au procès des Birmingham Six fut une réaction positive à un test de manipulation d’explosifs qui ne fit l’object d’une contre-expertise que bien plus tard. Le reste ne tenait que par les aveux obtenus sous les coups et les menaces. L’attitude de l’accusation et des juges ne laissaient guère de doutes sur l’issue du procès. La perpuité leur fut infligée, et trois autres hommes furent condamnés pour complicité.

Dès l’année suivante, les procédures d’appel s’enclenchèrent. Le cas des Six de Birmingham allait devenir d’autant plus célèbre que des journalistes d’investigation anglais allaient rapidement démonter le dossier de l’accusation. Chris Mullin, futur député du Labour, devait notamment réaliser une célèbre émission sur Granada TV, World in action. Mais la justice de la couronne allait prendre son temps pour reconnaître ses funestes erreurs, notamment l’interprétation suspecte des tests réalisés pour détecter des résidus d’explosif. Une contre-expertise devait en effet démontrer que ces traces pouvaient être laissées par une simple cigarette ou une carte à jouer. Et ce n’est qu’en ce 14 mars 1991 que les Six Innocents étaient libérés. Enfin.
Il leur fallu encore dix ans pour être indemnisé, de l’ordre d’un million de livres sterling par tête. Dix ans de procédures, après quinze années d’injustes détention au pays de l’habeas corpus. Finalement, les auteurs du double massacre de Birmingham ne devaient jamais être inquiétés. Trouver les véritables coupables a toujours été le cadet des soucis des gouvernements de Londres. Massacrer ou imprisonner des innocents, voilà qui est plus dans leurs cordes.

[...] Sorrow / Birmingham Six (Pogues) Une chanson dont le texte de Shane McGowan rend hommage aux Six de Birmingham, écrite en 1988, trois ans avant la libération des Irlandais des West [...]
Street of Sorrow / Birmingham Six (Pogues) « Life in Paradise a dit ceci le 14 mars 2007 à 11:57 |
[...] de William Power, l’un des Six de Birmingham. Publié originalement dans le Birmingham Framework, de Fr. Denis Faul et Fr. Raymond Murray, [...]
The Birmingham Framework « Life in Paradise a dit ceci le 14 mars 2007 à 11:58 |
[...] Tony Blair prononce des excuses au nom de l’Etat britannique. Avec les Maguire Seven et les Birmingham Six, un autre exemple de la justice expéditive de cette prétendue démocratie, dont les dirigeants [...]
Les quatre de Guildford « Life in Paradise a dit ceci le 14 novembre 2007 à 6:23 |