Frank McGarvey (1)

Il y a une dizaine de jours, le Celtic recevait St-Mirren. Le club de Paisley, dans la grande banlieue ouest de Glasgow, n’a jamais été un fournisseur officiel du Celtic, mais quelques Bhoys de valeur y ont fait leurs premières gammes, comme Francis McGarvey, un imprévisible mais toujours actif attaquant de la première moitié des années 1980. S’il n’est pas le plus célébré de l’époque, éclipsé par les plus talentueux Charlie Nicholas, Mo Johnston, Brian McClair et même plus tard l’autre ancien Buddy Frank McAvennie, il fut un joueur précieux dans la conquête de deux titres de champion, de deux Scottish Cups et d’une League Cup. Un signe qui ne trompe pas, Frank McGarvey fut avec le milieu de terrain Murdo McLeod le meilleur buteur du club en compétitions européennes dans les années 1980.
La carrière de Frank commença donc à St-Mirren au milieu des années 1970. Il fut intégré dans l’équipe première des Buddies dès l’âge de dix-neuf ans, et devint vite un joueur populaire (ci-contre célébré par ses coéquipiers). Auteur de dix-sept buts dans sa première saison complète, il contribua au retour de son équipe au premier échelon du football écossais. Ces bonnes prestations attirèrent l’attention au sud du mur d’Hadrien, et Bob Paisley lui proposa de rejoindre Liverpool, qui était alors le meilleur club en Europe. Le transfert s’éleva à 300.000 £, soit les deux-tiers de celui qui permit aux Reds de recruter un joueur confirmé du Celtic, Kenny Dalglish. Cet effort financier témoigne des espoirs fondés sur le jeune attaquant, mais à la différence de son compatriote Glaswégien, McGarvey ne réussit cependant pas à s’adapter à la Merseyside, ni à forcer le passage en équipe première. Avec le recul, Frank regrette de ne pas avoir eu la patience d’attendre quelques mois supplémentaires afin d’avoir une chance de briller sous le maillot rouge. On ne rentrait pas dans ce fameux onze titulaire si facilement, et d’autres joueurs y parvinrent à force de ténacité. Mais l’appel du premier amour du joueur dix mois après sa venue du côté de la Mersey allait être trop fort.
Frank McGarvey signant quelques autographes à Liverpool.

Il devait se contenter des tribunes d’Anfield, attendant son heure qui n’arriverait pas.

L’échec liverpudlien n’allait donc pas empêcher le Celtic de s’intéresser à lui. A l’affût d’un attaquant de valeur avant la fin de la saison 1979-1980, le manager du Celtic et ancien Lion de Lisbonne, Billy McNeill, décida de battre le record de transfert écossais de l’époque, et de débourser 325.000 £ pour faire revenir le joueur en Ecosse.

La belle histoire ainsi commencée en mars 1980 allait durer un lustre. Dès le 22 du mois, le hasard du calendrier allait lui faire retrouver son ancien club, St-Mirren, à Celtic Park. Le nouveau Bhoy ne parvint cependant pas à marquer pour donner la victoire à son nouveau club, qui devait concéder le match nul 2-2. Frank McGarvey n’allait pas attendre bien longtemps pour ouvrir son compteur qui afficherait cent treize unités au bout de cinq ans. Le 29 mars, précédé d’un pénalty inscrit par le légendaire Lion de Lisbonne Bobby Lennox, il marquait son premier but pour les Hoops, à Celtic Park, le deuxième d’une belle victoire par 4 buts à rien face à Hibernian. Son seul autre but avant la fin du championnat le rendit célèbre, car il s’agit d’ unique réalisation d’un derby disputé dans le Paradise le 2 avril 1980. Mais cela ne suffit pas pour contester le titre à l’Aberdeen émergent. Une défaite à Celtic Park le 23 avril par 1 but à 3, le dernier marqué par un certain Gordon Strachan, permettait ainsi aux Highlanders de faire un grand pas vers le deuxième trophée de champion de leur histoire. Comme souvent, la Coupe d’Ecosse offrait une compensation aux Bhoys, et McGarvey (à droite, ci-dessous) fit partie de l’équipe victorieuse de la finale du 10 mai 1980 face à l’Anti-Football FC, qui allait dégénérer en véritable émeute lorsque les supporteurs du rival décidèrent de rejoindre sur la pelouse ceux du Celtic qui, comme le voulait la traditionde l’époque, fêtaient le trophée remporté grâce à un but opportuniste de George McCluskey.

A suivre dans quelques jours…
